
Libération dresse, dans son supplément de ce jour, Jeudi 19 Août 2010, un portrait de Jean Lassalle, Fondateur et Vice président du Mouvement Démocrate, député des Pyrénées-Atlantiques.
Retrouvez le portrait intitulé "Tête brulée des Pyrénées" paru ce jour sur cet élu de terrain, Homme de coeur et de convictions et défenseur des populations de montagne à travers le Monde.
Source libération.fr
par Christophe Forcari
Jean Lassalle tonne et détonne. La voix d’abord, qui roule les cailloux posés au fond du ruisseau, celui qui parcourt le lit de sa vallée et son village natal de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques), dont il est maire depuis 1977. La silhouette ensuite, longue à n’en plus finir, le visage taillé au couteau, et une coupe en brosse, plus par facilité que recherche de style, de mode ou d’élégance, qui ne le préoccupe d’ailleurs que fort peu. Le béret basque posé sur la tête à la première occasion. Rien à voir avec l’allure «moderne» des jeunes premiers de la politique, ces louveteaux aux dents aiguisées et stars montantes de la scène publique. Rien à voir non plus avec le style vieille France - costume strict et cravate de bon ton - des notables établis, cultivé par la majorité des députés. Et puis un regard. Qui vous vrille, qui ne vous lâche pas, qui cherche autant la compréhension que la franchise dans celui de son interlocuteur. Sans tricherie. L’homme de la verte vallée pyrénéenne ne dissimule pas. «Ce type est un ovni. Il est imprévisible», dit de lui un député qui l’a bien connu au temps du groupe UDF, alors sous la houlette de François Bayrou, le chef de bande.
«Héros de Kipling»
Jean Lassalle, député de la 4 e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, natif d’un village coincé entre la vallée d’Aspe et celle de Barétous, au cœur du Béarn, se classe parmi les atypiques. «Pas excentrique»,précise-t-il, mais «centriste de l’extrême»,ultime député à être resté fidèle à François Bayrou. «C’est le dernier homme des temps héroïques», le salue un soir le patron du Modem, à l’issue d’une université d’été du parti.
Le leader centriste aurait pu ajouter que Jean Lassalle ignore tout du sens de la mesure. «Il tient de l’antique. Il est à la fois le preux chevalier, le Robin des bois et un peu aussi Don Quichotte, l’homme seul qui croit pouvoir changer le monde», poursuit son ami de plus de trente ans, un vrai pour le coup. François Bayrou ouvre le Petit Robert à portée de sa main et lit les quatre définitions du mot «héros» : «Eh bien, vous voyez, Jean Lassalle correspond parfaitement. Il mène des combats qui, pour un esprit classique et rationnel, peuvent paraître déraisonnables. Le héros n’emprunte jamais les chemins ordinaires.» Il n’est pas rare que les deux Béarnais échangent au téléphone dans leur langue, parfois même devant des témoins quelque peu interloqués.
«Quand il parle, la sève monte du sol jusqu’à sa bouche», commente à son tour André Chassaigne, le député communiste du Puy-de-Dôme. Un ami avec qui Jean Lassalle avait pris l’habitude de saucissonner, autour d’une bouteille de vin de pays, le dimanche soir, au retour de leur circonscription respective. Ils se retrouvaient dans l’un ou l’autre de leurs bureaux, à l’Assemblée nationale, avant d’entamer la semaine parlementaire. L’Auvergnat a même fait le déplacement dans les Pyrénées au moment des fenaisons. «Quoi qu’il arrive, je le défendrai toujours quand il est attaqué pour son côté décalé et excessif», poursuit l’élu, venu comme son homologue d’une région de montagne en voie de désertification. «C’est un homme de son terroir, de sa vallée, un être humain dans le sens plein du terme, comme les héros de Kipling ou de Conrad, avec ses doutes, ses faiblesses et aussi sa grandeur», ajoute, dithyrambique, un autre de ses collègues.
Le parlementaire suscite les commentaires avec excès. Et excessif, Jean Lassalle sait l’être, naturellement et sans préméditation. Par instinct. «Je prends des décisions parce qu’elles s’imposent à moi. Je ne les conçois pas.» Ce grand échalas confesse avec un brin de fierté «être capable de tout». «Il a des intuitions exceptionnelles qui ne tiennent pas à la rationalité mais à des facteurs émotionnels», ajoute le patron du Modem.
Un héros ne saurait exister sans une épopée. Celle de ce fils de berger, un temps berger lui-même, se fonde sur trois hauts faits d’armes. Le premier remonte au 3 juin 2003. Alors que le ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, s’apprête à prendre la parole lors de la séance des questions au gouvernement, ce jeune parlementaire- il vient seulement d’être élu aux législatives de 2002 - déplie sa longue silhouette. Depuis sa place, il entonne de sa voix de stentor le Se canto, l’hymne des Pyrénéens en quelque sorte. «Je me suis rendu compte que l’Assemblée nationale possédait une acoustique exceptionnelle», en rigole-t-il encore. L’auguste hémicycle, qui en a pourtant vu d’autres, ne s’attendait pas à cela. Le futur chef de l’Etat en reste coi et, du haut de son perchoir, Bernard Accoyer marque un moment d’atermoiement, se demandant ce qui se passe. Lassalle n’a prévenu aucun collègue de son coup d’éclat. Même pas son «pays» béarnais François Bayrou. «Quand j’ai pris ma décision, je n’en ai parlé à personne. Surtout pas à François, car il aurait essayé de me dissuader. Je me suis levé, j’étais habité», raconte le député, assis à la table de la ferme familiale.
«Avec lui, la politique devient parfois un sport violent.» François Bayrou hausse les yeux au ciel. «Quand il a chanté, je lui ai demandé : "Mais pourquoi as-tu fait cela alors que je suis là ?" Vous savez, avoir un Lassalle à ses côtés, c’est fabuleux, mais ce n’est pas toujours facile. Et il m’a répondu : "Parce que toi seul es capable d’expliquer une telle folie"», poursuit, admiratif, le leader centriste. Quelques jours avant, Jean Lassalle avait pris soin de mettre en garde Nicolas Sarkozy. Sans ménagement. «Ecoute, Sarko, tu ne veux pas m’entendre, mais un jour tu seras obligé de m’écouter. Je ne frappe jamais sans prévenir», l’avait-il averti, en lui broyant l’avant-bras à la sortie de l’hémicycle.
Motif de son ire, la fermeture d’une brigade de gendarmerie sur la route qui mène au tunnel du Somport dont il a été l’un des plus ardents militants. «Avec cette chanson, j’ai voulu interpeller l’Etat tout en rappelant notre identité.» Le député n’a pas supporté que les pouvoirs publics ne tiennent pas leur engagement sur l’amélioration des routes qui mènent à ce tunnel, emprunté par des milliers de poids lourds en direction de l’Espagne, et que la sécurité la plus élémentaire ne soit pas assurée. Jean Lassalle n’a pas assisté à l’inauguration de ce tunnel pour lequel il avait œuvré. Aujourd’hui encore, il se refuse à l’emprunter pour aller en Espagne.
Le deuxième haut fait d’armes de la geste de Jean Lassalle remonte à 2006. Le 7 mars, le député s’installe dans la fameuse salle des Quatre Colonnes, lieu ou se croisent politiques et journalistes, l’endroit le plus exposé de l’Assemblée nationale. Il entend protester contre la décision de la société japonaise Toyal de délocaliser son usine du canton d’Accous vers Lacq. Dans la vallée, cela signifie la perte de 150 emplois. Il entame alors une grève de la faim qui dure trente-neuf jours, prenant fin le 14 avril, et qui lui fait perdre 21 kilos. Il en garde encore des séquelles. Mais il a gagné. Toyal a renoncé à délocaliser son activité. «Un soir, il m’a téléphoné en pleine nuit, vers 2 ou 3 heures du matin, pour m’annoncer sa décision de faire une grève de la faim. Il pensait tomber sur mon répondeur, raconte François Bayrou, je lui ai dit qu’il fallait que nous en parlions. Le lendemain, il est venu me voir. Je savais qu’il était inutile de chercher à le dissuader. Je lui ai conseillé d’aller chercher des bouteilles d’eau. Il s’est rendu au supermarché du coin et s’est installé dans la salle des Quatre Colonnes.» «"Quand tu as pris une décision, ne fais jamais marche arrière", me disait mon père. J’avais tout prévu. Même la déclaration devant notaire. Au cas où…» raconte Lassalle. Plus tard, soucieux de restaurer des liens amicaux avec les entreprises nipponnes, il s’invitera à un voyage au Japon conduit par Alain Rousset, le président de la région Aquitaine. Le Béarnais va alors rencontrer le PDG de Toyal, avec qui il aura une longue discussion d’une tension telle que la traductrice craquera et fondra en larmes avant de quitter le bureau. «Il me regardait dans le blanc des yeux et je n’ai jamais détaché mon regard du sien», se remémore Jean Lassalle.
«Fils de père humilié»
Le troisième fait d’armes, et certainement pas le moins important pour ce personnage, est d’avoir été élu en 2002 quasiment à main levée et à l’unanimité président de l’Association des populations des montagnes du monde, où siégeait, entre autres, Evo Morales, le futur président bolivien. Et qui figure aux côtés de ce dernier, sur la photo prise au balcon du palais présidentiel le jour de son investiture ? Jean Lassalle… qui a aussi connu le colonel Chávez alors que celui-ci était en prison.
Qu’est-ce qui fait marcher Lassalle ? Qui lui donne cette volonté inflexible ? Une certaine forme d’angoisse qu’il noie dans l’action. Pendant des années, il a fait preuve d’une terrible timidité, vaincue en devenant quinze années de suite l’animateur du festival de Siros, dédié à la culture béarnaise. Un point commun avec François Bayrou, qui est venu seul à bout de son bégaiement. «Après, j’ai voulu connaître toutes les filles de la vallée.» Un autre point commun est qu’ils ont perdu tous deux leurs pères très tôt. «Ils sont tous deux les fils de pères humiliés», note un proche des deux hommes. La mère de Jean Lassalle raconte comment, après la mort du père, l’exploitation agricole a connu des heures noires et comment les regards des habitants de Lourdios-Ichère se sont faits un peu plus lourds, voire méprisants, vis-à -vis de Jean, de son frère et de ses deux sœurs. Pour l’heure, il nous quitte pour aller nourrir les cochons, des pies noirs du pays basque, que sa femme engraisse, avant de confier à un spécialiste le soin de les transformer en salaisons qu’elle ira vendre sur le marché et que le député partagera, un soir au retour de sa vallée, avec son copain le coco, Chassaigne. Pour aller aux cochons, il a coiffé son béret basque.

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François Bayrou a accordé un entretien au quotidien Le Monde, édition datée du dimanche 23 et lundi 24 mai.
Le Monde : Approuvez-vous la proposition du président de la République d'inscrire dans la Constitution la lutte contre les déficits ?
François Bayrou : Inlassablement, depuis dix ans, j'ai défendu le principe d'une disposition constitutionnelle qui empêche les déficits de se creuser, du moins en période de croissance. La proposition que je défendais était d'écrire tout simplement dans la Constitution qu'à partir de l'année 2015, par exemple, les déficits de fonctionnement ne seront pas admis, sauf pour combattre ou prévenir une récession.
Pour l'investissement, les grands équipements, il est compréhensible qu'en empruntant on partage la charge avec les générations futures ; pour le fonctionnement pour les retraites, pour le remboursement des feuilles de sécu, c'est inadmissible et scandaleux. Je trouve légitime d'en faire un principe constitutionnel. Bien des critiques disent : "Vous n'avez pas le droit de lier les mains des gouvernements à venir."
Cette critique est sérieuse : je propose donc que la modification constitutionnelle soit décidée par les Français eux-mêmes, par référendum. Si des gouvernements ultérieurs estiment nécessaire de rompre avec cette règle de prudence, ils ne pourront le faire sans avoir à leur tour demandé l'accord du peuple.
Le Monde : À quoi attribuez-vous cette propension française aux déficits ?
François Bayrou : Deux choses : dans la culture française, il y a l'idée profondément ancrée que l'inflation, à un moment donné, viendra effacer l'ardoise. Et puis, nous vivons dans la frénésie du court terme. Pour exister au journal de 20 heures, chaque jour, devant chaque accident de la vie, il faut "débloquer", comme on dit, des milliards. Et en effet, on n'a pas arrêté de débloquer, à tous les sens du mot...
Le Monde : La rigueur est-elle inéluctable ?
François Bayrou : La guerre des mots autour du terme "rigueur" est ridicule. Mais il faut se mettre ceci dans la tête : nous sommes entrés dans le temps des choses sérieuses. On nous a fait vivre dans l'illusion que l'Etat pouvait répondre à toutes les demandes à partir de ressources qu'il n'avait pas. C'est fini. Et, pour moi, il est bon que notre pays ouvre les yeux devant la réalité.
Le Monde : Les Français y sont-ils prêts ?
François Bayrou : Je crois que les esprits ont beaucoup évolué. Les responsables politiques aussi. J'ai trouvé intéressant que Dominique Strauss-Kahn dise clairement que le tabou des 60 ans pour la retraite n'avait pas de sens. Mais les appareils de parti, eux, n'en sont pas là !
Lorsque le PS officiel prétend que, pour la réforme des retraites, il suffit de taxer les banques, qu'il n'y a qu'à "prendre l'argent là où il est", comme disait magnifiquement feu Georges Marchais, c'est le pire des messages politiques. cela consiste à dire au grand public : "On peut s'en tirer sans effort puisque les efforts seront pour les autres !" Ce n'est pas ain qu'on rebâtit un grand pays.
Le Monde : Vous pensez qu'on va vers des hausses d'impĂ´t ?
François Bayrou : Compte tenu de l'ampleur des déficits, aucun gouvernement n'y échappera. Et lorsque le gouvernement actuel prétend le contraire, il raconte des histoires et il le sait parfaitement. C'est si vrai que le gouvernement a transmis à Bruxelles un plan de redressement qui comporte une hausse de deux points des prélèvements obligatoires ! Mais notre fiscalité est devenue de plus en plus injuste et de plus en plus labyrinthique. Pour obtenir justice, clarté et donc confiance, il faudra le courage d'une profonde réforme fiscale.
Le Monde : Comment interprétez-vous l'effervescence actuelle au centre ?
François Bayrou : Il y a au centre de la vie politique française une famille dispersée, mais réelle. Ce courant de pensée s'est séparé : une partie s'est satellisée autour du pouvoir chiraquien ou sarkozyste, une partie a choisi l'indépendance avec moi, une partie s'est installée dans l'orbite du PS. Mais les événements imposeront un jour ou l'autre que ce grand courant, avec toutes ses sensibilités, se rassemble.
Le Monde : Avec ou sans vous ?
François Bayrou : Le moment venu, je mettrai toutes mes forces au service de cette reconstruction. Mais il y a une condition, et pour moi une seule : il faut que toutes les composantes assument une vraie indépendance. C'est toujours la même histoire : pour être à la hauteur, il faut renoncer au renoncement.
Le Monde : Pourquoi avez-vous récemment rencontré Nicolas Sarkozy ?
François Bayrou : Nous sommes dans une période de crise profonde, où tout le monde cherche l'issue. Dans cette période, chaque fois que le président de la République m'invitera à le rencontrer pour parler des grands sujets, j'accepterai. Idem pour le premier ministre ou les responsables de la gauche. Et, chaque fois, sans tambour ni trompette. Responsables politiques, nous sommes collectivement responsables de la situation du pays. Je ne dis pas "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", mais "tout le monde est responsable".
Le Monde : Comment analysez-vous la crise européenne ?
François Bayrou : Je n'aime pas la mode anti-allemande actuelle. La chancelière Angela Merkel, et son ministre des finances, Wolfgang Schaüble, sont des dirigeants de grande dimension, qui prennent légitimement en compte la hantise historique de leur peuple. Nous les Français, nous aimons l'inflation et la planche à billets. Les Allemands ont perdu leur être, leur sang et leur âme dans une dérive qui a commencé par l'inflation. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien.
Le Monde : Pourquoi l'Europe ne parvient pas Ă parler d'une seule voix ?
François Bayrou : Parce qu'il n'y a pas de vision claire. Que doit être l'Europe ? Pour moi, c'est une famille d'Etats et de nations organisés dans un but commun. À l'ère des Etats-continents, ils choisissent de défendre ensemble leur modèle de société. Le jour où cette idée fondatrice sera acceptée par tous, on avancera.
Le Monde : La Commission européenne doit-elle avoir un droit de regard sur les budgets nationaux ?
François Bayrou : On présente bien le budget, avant de le voter, aux citoyens français. Pourquoi pas aux partenaires européens ? Je souhaiterais pour aller plus loin une agence européenne vraiment indépendante chargée de garantir la vérité sur les comptes des différents Etats.
Le Monde : La baisse de l'euro vous inquiète-t-elle ?
François Bayrou : Non. L'euro était surévalué. Nous nous rapprochons d'une parité convenable avec le dollar. Où est le drame ? Ce rééquilibrage a aussi des avantages.
Le Monde : La zone euro peut-elle exploser ?
François Bayrou : Je ne le crois pas. Un pays qui en sortirait verrait ses taux d'intérêt s'envoler, ses déficits exploser, et l'inflation l'envahir. Il ne trouverait plus de crédit. C'est très dissuasif. J'ajoute que l'euro protège tout le monde. Même les forts...
Le Monde : Va-t-on vers davantage d'intégration économique à la faveur de la crise ?
François Bayrou : Si on allait vers une vraie coordination et une vraie coopération, ce serait déjà un pas de géant.
Le Monde : Que faut-il faire en priorité pour assurer le financement des retraites ?
François Bayrou : Un plan en trois étapes :
-d'abord, rétablir l'équilibre financier par de nouvelles ressources et cela impose, par esprit de justice, de faire participer des revenus qui, pour l'instant, étaient à l'abri ;
-ensuite, à moyen terme, admettre que, bien sûr, le déséquilibre des retraites est un problème démographique, qu'il faut augmenter le nombre des actifs par rapport au nombre des retraités : pour cela, il faut devenir obsédés de la reconquête de l'emploi en France, pour les jeunes et pour les plus de 55 ans et ensuite allonger la durée d'activité en faisant glisser le curseur de l'âge légal, ou celui de la durée des cotisations, ou les deux ;
-enfin, pour le long terme, définir dès aujourd'hui, tous ensemble, à horizon d'une décennie, un système de retraite, par exemple à points, plus souple, qui prévoira des transitions entre emploi et retraite, et qui sera équilibré.
Le Monde : Soutiendrez-vous la réforme que va proposer le gouvernement ?
François Bayrou : Si elle me paraît raisonnable, je la soutiendrai. Je n'ai pas passé ma vie politique à mettre en garde contre les déficits pour aller dans le sens de l'irresponsabilité lorsqu'un redressement commence à s'imposer.
Le Monde : Votre geste ne risque-t-il pas d'être interprété comme un "recentrage" dû à votre solitude ?
François Bayrou : Sans concession, depuis le premier jour, j'ai combattu les fautes du pouvoir actuel en termes d'injustices, d'atteintes à la séparation des pouvoirs, de mainmise sur les médias, publics en particulier, de mélange entre intérêts privés et intérêt public. Je continuerai de le faire. Cela me rend d'autant plus libre d'approuver des décisions qui me paraissent équilibrées. Dire oui quand les choses vont dans le bon sens, dire non et se battre contre les erreurs et les abus, voilà ma ligne.
Le Monde : Quelle est votre opinion sur le projet de loi sur la burqa ?
François Bayrou : Je n'ai pas aimé la manière dont le débat a été lancé. Mais la décision est maintenant devant nous : je trouve le texte du gouvernement raisonnable. Le projet de loi ne parle pas de religion, ne cible personne. Il dit simplement qu'en France, on ne dissimule pas son visage dans l'espace public, que vivre à visage découvert, c'est le premier geste de reconnaissance réciproque et de respect. En outre, j'approuve qu'il y ait une pédagogie prévue dans la loi.

Vous pouvez découvrir l'article - en cliquant sur l'icône - paru le 9 avril 2010 dans le Berry Républicain et portant sur le Mouvement démocrate du Cher
La crainte d'un nouveau tsunami financier prend de l'ampleur. Il ne trouvera pas ses origines dans des prêts immobiliers attribués à des particuliers insolvables, comme ce fut le cas avec les "subprimes" américains, mais dans les prêts accordés aux fonds d'investissements pour racheter des entreprises. En Europe, 150 milliards d'euros de crédits pourraient se traduire par des pertes sèches pour les banques. Il s'agit de la fameuse dette LBO (leveraged buy out) du nom de la technique qui permet d'acquérir une entreprise avec effet de levier: peu de capital initial mais beaucoup d'endettement.
Cette information parue sur la page d’accueil de Orange n’est pas une nouveauté, ce danger là avait été signalé dès le début de la crise dite des subprimes et en plus par ricochet risque d'en déclencher une autre celle due à l’endettement des ménages via le crédit revolving.
Il est plus que temps que tout le monde joue cartes sur table, qu’on arrête de se voiler la face, nous sommes dans un bourbier, pour l’instant par l’intervention et la garantie apportées par les états, on a limité la casse, on ne peut pas continuer comme cela très longtemps car la vérité tout doucement un jour ou l’autre deviendra visible et nous n’aurons plus alors de cartouche à notre disposition pour cantonner les dégâts et adoucir le sort des populations lors de la chute finale.
Il est plus que temps que nous changions notre fusil d’épaule, que nous remettions tout à plat et à sa juste place, entre autre le système financier, que notre politique de développement soit enfin accès sur le respect de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie de tous les habitants de la Terre.
Que nous redonnions un rêve, un objectif, un but à atteindre à l’humanité qui assure notre développement, améliore nos connaissances à tous les niveaux (technique, médical ect ….) pour une fois de façon pacifique, la course à l’espace et une connaissance plus approfondie de notre environnement dans ses moindres recoins sont peut-être le nouvel eldorado que nous devons atteindre. De toute façon, les difficultés que nous connaissons actuellement doivent être abordées au niveau mondial et les solutions que nous devons imaginer, proposer doivent être juste, cohérente, humaniste, faire partie d’une politique globale au niveau de la planète tout en améliorant localement le sort des populations. D’où la difficulté.
Mais nous ne pouvons qu’être optimiste, de plus en plus de voix se lèvent pour dire que si nous continuons comme cela, nous allons à brève échéance définitivement droit dans le mur, nous sommes arrivés au bout d’une logique, d’une idée, un nouveau projet de société, un nouveau contrat social doit être établi à partir de nos connaissances, nos acquis actuels.
Un peu partout des initiatives fleurissent pour faire l’état des lieux et proposer des solutions. Il ne reste plus qu’à fédérer tous ces efforts afin de créer un nouvel espoir, un nouveau chemin pour notre pays, puis à terme établir un nouvel ordre mondial qui met la condition humaine au sens large au centre du débat. Pour avoir une chance de réussir, nous devons jouer au minimum à fond la carte Européenne, en créant le plus tôt possible la grande Europe libre et humaniste que nous appelons de nos vœux. Nous n’avons pas d’autre choix si ce n’est à terme de retourner au temps barbare où la loi du plus fort prévaudra.
lepoint.fr : Avec le recul, comment vous expliquez-vous l'échec du MoDem aux européennes ?
Marielle de Sarnez : Dans une campagne, quand rien ne marche, rien ne marche. Nous étions dans une stratégie très politique et les électeurs ne l'étaient pas. C'était une erreur. Mais ce qui est très important quand on subit un échec, c'est de l'assumer et de le comprendre. Il faut savoir se remettre en cause. Pendant un mois, nous avons fait l'analyse de l'échec de façon ouverte et transparente. Il y a eu des réunions d'adhérents dans toute la France. C'était utile et nécessaire, c'est bien que François Bayrou l'ait souhaité. Lui-même a d'ailleurs pris toute sa part dans l'échec, c'est positif et rare en politique.
lepoint.fr : Quelles sont les priorités aujourd'hui ?
Marielle de Sarnez : Le MoDem est un très jeune mouvement. Il a été confronté depuis sa naissance, en mai 2007, à une succession d'élections et il a manqué de temps pour poser des fondations solides en termes d'organisation, de projet, d'équipe, de gestion de ressources humaines. Il faut maintenant régler tout cela, nommer un chef de cabinet, des porte-parole, des secrétaires nationaux... Il faut mettre en place une mode opérationnel plus innovant et plus ouvert. Il faut aussi doter ce mouvement d'un corps de pensée partagé par tous les adhérents. Je propose un congrès programmatique à l'automne et j'espère que le conseil national ira dans ce sens samedi. Il y a plein de sujets sur lesquels on a besoin de débattre, le nucléaire par exemple.
lepoint.fr : Comment le MoDem aborde-t-il les régionales 2010 ?
Marielle de Sarnez : La question de la stratégie est très importante et il faut en débattre avec les adhérents. Est-ce qu'on va tout seul aux régionales ? Est-ce qu'on y va avec des partenaires ? Est-ce qu'il y a des convergences qui peuvent apparaître avec des acteurs de la société civile, avec d'autres politiques ? Ces questions sont ouvertes et je souhaite que les militants s'expriment dans les semaines à venir, sans tabou, sans préjugé.
lepoint.fr : Une manière de faire taire ceux qui disent que François Bayrou dirige ce parti de façon autoritaire et sans concertation ?
Marielle de Sarnez : Si François Bayrou n'était pas là , le MoDem n'existerait pas. Ça, c'est dit. Le centre serait toujours allié et vassalisé à la droite et à l'UMP. Il n'aurait pas pris ce chemin d'indépendance, qui est semé d'embûches, mais nécessaire à la refondation d'un nouveau projet de société pour demain. Maintenant, c'est vrai que le revers de la médaille, c'est que François Bayrou est trop souvent seul en ligne et qu'il prend les coups tout seul. C'est son esprit "batailleur", comme il dit. Alors oui, il faut qu'il soit moins batailleur, que d'autres personnes montent au créneau. Il faut surtout faire émerger une génération nouvelle. Les régionales doivent d'ailleurs être aussi là pour ça.
Dans une tribune publiée dans le quotidien gratuit Metro, mercredi 24 juin, Fadila Mehal, Présidente-fondatrice des "Marianne de la diversité", membre du Mouvement Démocrate, s'est exprimée sur la problématique du port de la burqa dans l'espace public.
"En 2004, la loi sur le voile voulait protéger les jeunes filles en sanctuarisant les établissements scolaires et les administrations. Quatre ans plus tard, 58 députés, tous bords confondus, dépêchent une commission d'enquête parlementaire pour faire un état des lieux sur le port de la burqa. Que s'est-il donc passé pour que ce qu'on dénonçait hier à Kaboul soit devenu une réalité en France, notamment dans nos quartiers les plus déshérités ? Comment la France, terre des droits de l'homme, a-t-elle failli à ce point dans sa mission d'intégration pour que des jeunes derrière la burqa fassent la nique à la laïcité et à notre République ?
On sait que derrière ces femmes, il y a les mouvements radicaux salafistes ou tablighs qui encouragent ces "prisons ambulantes", ces "femmes fantômes" des quartiers pauvres. Pourquoi ces radicaux trouvent-ils une oreille attentive chez ces femmes en mal de reconnaissance ? Pourquoi une prescription vestimentaire antéislamique trouve-t-elle un tel écho chez des Françaises converties à l'islam ou des enfants d'immigrés jusque-là intégrés ? Pourquoi ces femmes veulent-elles faire reculer chaque jour davantage les limites de la loi républicaine ? Et si la burqa n'était que l'arbre qui cache la forêt ? Car les exemples aux manquements à la laïcité se multiplient : manifestations sportives interdites aux hommes, femmes demandant la non-mixité dans les piscines, maris refusant de faire soigner leur femme par des médecins hommes, mariage annulé par un mari répudiant son épouse non vierge et demandant l'aval de la loi républicaine.
Devant ces dérives, que fait notre République pour défendre et protéger ses femmes et ses filles de ce linceul noir qui les plonge dans un sommeil sans âge ? Certains s'interrogent, faut-il faire une loi, encore une ? Et dans cinq ans, une autre encore ? Contre les barbes et les kamis. Cette logorrhée législative sauvera-t-elle notre République et ses filles embastillées ? Certes, le président de la République a raison de dire que "la burqa n'est pas bienvenue dans notre pays", seulement au-delà de ce principe il faut que nous trouvions des armes efficaces pour éradiquer ce communautarisme, afin que le droit (légitime) à la différence ne se transforme pas en la différence des droits. Pour cela, il faut refonder notre modèle d'intégration dont les femmes sont le marqueur symbolique. Il y a vingt ans, mieux qu'une loi, le dispositif "Femmes relais" imaginé par Simone Veil a permis l'émancipation de milliers de femmes. À quand, monsieur le président de la République, un dispositif "Femmes debout" pour offrir une autre alternative que la soumission aux femmes des quartiers ? Faisons en sorte que mieux que le voile ou la burqa, la Halde protège ces femmes des discriminations. Que des préfets à l'intégration et aux droits des femmes soient nommés, et qu'ils deviennent les nouveaux hussards de notre République, plus noirs et déterminés que la burqa qui défigure notre rêve démocratique."
La nouvelle est tombée 10 grandes banques américaines remboursent par anticipation le prêt que leur avait octroyé le gouvernement américain.
C’est une bonne et mauvaise nouvelle à la fois.
A première vue, cela veut dire que les choses sont en bonne voie et que l’économie américaine donc de la planète ira de mieux en mieux, c’est une note d’espoir pour le futur immédiat.
Mais quand on y regarde de plus près, on a de quoi être septique, avons nous procédé à la réforme en profondeur du système économique mondial, la réponse est malheureusement non, toutes les personnes qui nous ont amenés au bord du gouffre ont-elles été remplacées, la réponse est non, ect….
Bref passons, on a mis une cautère sur une jambe de bois, on poursuit le même chemin que précédemment comme si rien ne s’était passé, continuons comme cela et dans quelques temps nous en paierons le prix qui sera de plus en plus élevé, ainsi de suite jusqu'à la chute finale.
Sans nous en rendre compte nous suivons la même logique qu'il y a 20 ans, celle qui a entraîné la chute du bloc dit communiste avec toutes les conséquences que nous connaissons.
Qui prendra notre suite ?
La seule chose dont on peut être sur, c’est que les générations futures auront de quoi nous maudire, elles ne pourront pas comprendre notre logique, notre cohérence, nous avions de belles cartes entre nos mains nous les avons toutes gâchées les unes après les autres, dans un but seulement de gain maximum immédiat.
Car ce seront elles qui payerons réellement la note, elles ne seront plus vraiment libre de leur destin et devront obéir aux injonctions des nouveaux maîtres de la planète.
JP DURNERIN
François Bayrou a été interrogé par le journal La Tribune dans son édition du 18 mai. Sur la possible forte abstention au scrutin du 7 juin, il déclare : "On voit bien qu'un certain nombre de forces politiques comptent sur l'abstention pour faire remonter artificiellement leur score. Quand vous avez des noyaux durs qui vont de toute façon mettre votre bulletin dans l'urne, sans se poser de question, plus l'abstention est haute et plus ces noyaux durs pèsent dans le résultat relatif. Ce n'est pas du tout notre calcul. Je pense que l'enjeu, le double enjeu de cette élection, se prononcer sur un projet de société et choisir l'Europe qui contribue à ce projet de société, est suffisamment fort pour qu'on veuille mobiliser les Français, créer avec eux un élan pour qu'ils votent. En tout cas, c'est notre engagement." (lire la suite)
Aux dernières européennes, l'Udf avait réuni 12% des voix. Quel est votre objectif pour le Modem ?
Je ne donne jamais de chiffres. Je suis dans une démarche politique. Pas dans un pari devant une course de chevaux. Je m'intéresse aux courses de chevaux par ailleurs mais je fais une grande distinction entre les deux. Je me bats pour des idées aussi fortement que possible mais je ne fais pas de pari, je ne fixe pas de barre.
Le plus grand risque évoqué par les sondages, c'est l'abstention. Comment fait-on pour mobiliser son électorat quand on s'appelle François Bayrou ?
On voit bien qu'un certain nombre de forces politiques comptent sur l'abstention pour faire remonter artificiellement leur score. Quand vous avez des noyaux durs qui vont de toute façon mettre votre bulletin dans l'urne, sans se poser de question, plus l'abstention est haute et plus ces noyaux durs pèsent dans le résultat relatif. Ce n'est pas du tout notre calcul. Je pense que l'enjeu, le double enjeu de cette élection, se prononcer sur un projet de société et choisir l'Europe qui contribue à ce projet de société, est suffisamment fort pour qu'on veuille mobiliser les Français, créer avec eux un élan pour qu'ils votent. En tout cas, c'est notre engagement.
Selon Daniel Cohn-Bendit, le problème de cette élection, c'est que même un Européen convaincu comme François Bayrou ne parle pas du sujet qui est en jeu et fait campagne sur un vote-sanction contre Nicolas Sarkozy...
Le problème de Daniel Cohn-Bendit, et d'un certain nombre d'autres, c'est qu'il joue dans la main de Sarkozy. Il est même allé en Italie pour convaincre les Verts italiens de regarder du côté de Berlusconi. Moi je ne sépare pas les problèmes des Français et ceux de l'Europe. Vous ne pouvez pas dire: "Ah, c'est les élections européennes, on ne parle pas de la France". Nicolas Sarkozy aimerait beaucoup que cette idée étrange prospère. Cela lui permettra d'expliquer que les voix de Cohn-Bendit et de ses amis ne doivent pas être comptées parmi celles qui envoient un message réservé ou critique au pouvoir. C'est extravagant car dieu sait qu'il y a aujourd'hui en France des sources d'inquiétude qui méritent qu'on les exprime et qu'on les porte.
Mais en quoi cette élection peut-elle modifier le rapport de forces politiques en France ?
Le parlement européen est un lieu où on va compter et peser dans les débats. Sa vocation n'est pas d'héberger des ministres dont on ne veut plus au gouvernement. Nous nous avons fait le choix de candidats originaux et expérimentés. Ils s'engageront à 100% et ne seront ni dans la nostalgie, ni dans le regret, ou l'antichambre de quoi que ce soit.
Pour qui leur demanderez-vous de voter à la présidence de la Commission ?
Mes amis n'ont pas voté Barroso la dernière fois et ils ne voteront pas Barroso cette fois ci. Pour deux raisons "dont chacune est suffisante seule" comme dit Cyrano. D'abord, la Commission devrait montrer son indépendance vis-à -vis des gouvernements, alors que Barroso a sans cesse fait preuve de suivisme. Ensuite, son orientation est trop ultralibérale à mes yeux. Il est d'ailleurs soutenu pour cela et par le PPE (groupe du parti populaire européen auquel adhère notamment l'UMP et la CDU, ndlr) mais aussi par le PSE (groupe du Parti socialiste européen). Les socialistes et la droite européenne se sont entendus sur Barroso, Zapatero l'a dit, ce qui oblige les socialistes français à pratiquer un curieux double langage. J'ai, pour ma part, proposé Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre belge, ou l'ancien commissaire européen, Mario Monti. Mais il peut y en avoir d'autres dans d'autres familles européennes...
Le social démocrate danois Poul Nyrup Rasmussen ?
Je préférerais que le futur président de la commission résiste au modèle néo-libéral. Pour moi, l'Europe doit davantage affirmer sa résistance à ce modèle. C'est pour cela que nous allons nous battre, même si on nous explique que les choses sont relativement jouées. Pour nous, rien n'est jamais joué avant l'heure.
En matière d'environnement, vous proposez que les produits exportés en Europe par les pays développés soient soumis aux mêmes règles que celles qui prévalent dans l'Union. Pourquoi ce distinguo entre pays développés et les autres ?
Je cherche le faisable, je ne confonds pas les pays africains aux prises avec la pauvreté avec des pays de bon niveau de développement comme l'Australie, ou avec le Brésil. Et qu'on ne me dise pas que je prône le protectionnisme: protectionniste, cela veut dire imposer aux autres les règles, les charges qu'on ne respecte pas soi-même. Là , au contraire, nous nous imposons des règles et nous voulons jouer à égalité avec nos concurrents.
Cela vaut aussi pour la protection sociale ?
Nous plaidons pour une convergence sociale au sein de l'Union d'abord. Donnons nous dix ans. Comme on l'a fait pour la convergence budgétaire.
Et pour ce qui est de l'harmonisation fiscale ?
Il faut qu'on sorte du dumping fiscal dont j'ai expliqué dans mon livre * qu'il était l'instrument, l'arme du creusement des inégalités. Totalement inconséquente est la guerre qui a été organisée entre les pays européens, avec pour seul argument les prélèvements fiscaux. Jouer sur la concurrence fiscale entre Etats pour réduire, partout, les impôts sur les revenus, le patrimoine, les successions, me semble totalement inconséquent. L'Europe est caractérisée dans la majorité des pays qui la forment par des services publics de bonne qualité, singulièrement en France. Et pour préserver ce modèle social auquel nous sommes attachés, il faut avoir un taux d'imposition raisonnable et garanti.
Nos voisins ne mettent guère en avant le modèle français...
Je pense que les modèles français et allemand sont beaucoup plus proches qu'on ne le croit. Il suffit de regarder l'état de nos villes, de nos campagnes, de nos rues, de nos équipements publics, de nos services publics. Ce modèle coûte assez cher mais il est de très bon niveau. Regardez la qualité de notre Education nationale. Il faut certes corriger ses insuffisances mais il ne faut pas l'amoindrir en prenant un modèle qui n'est pas le nôtre. Je sais ce que coûte aux familles britanniques ou américaines l'éducation de leurs enfants. Cela ne passe pas par l'impôt, cela passe par la dépense privée. Ce n'en est pas moins une charge, mais elle est inégalitaire. Je suis donc favorable à une défense des services publics dans toute l'Europe.
Quels sont les domaines qui doivent impérativement relever du service public ?
Tout ce qui, dans notre société, garantit une égalité entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas. C'est évidemment le cas de l'Education Nationale. Envoyer ses enfants faire leurs études à Paris cela coûte au moins 1.000 euros par mois. C'est ce que gagne un travailleur au smic! Donc avoir une université à côté de chez soi, qui offre un niveau de diplôme reconnu partout sur le territoire national, opposable aux conventions collectives, pour moi, c'est vital.
Vous êtes foncièrement hostile à la réforme en cours des universités ?
Il faut différencier autonomie et concurrence. Je suis pour une plus grande autonomie de gestion des universités, mais je n'accepte pas la mise en concurrence des universités entre elles. Pour la France, l'idée anglo-saxonne que le diplôme de l'une ne vaudra plus le diplôme de l'autre ne sera pas acceptée. Cette forme d'inégalité heurte nos principes. Chez nous, on est professeur des universités, pas de l'université de telle ou telle ville. De la même façon, la définition des pouvoirs dévolus aux présidents d'université a été mal faite, à la va-vite et donc source de trouble. Le plus sage aujourd'hui serait de reprendre les choses à partir des principes. C'est une grand tort fait à l'université que d'avoir ainsi laissé se décomposer la situation.
Ce point de vue vaut aussi pour d'autres services publics ?
Il vaut pour l'hôpital parce que je considère que la mise à l'écart des médecins ou des soignants dans la gestion de l'hôpital est une atteinte aux principes du service public de la santé en France. La médecine libérale doit être défendue elle aussi, et ne se sent pas davantage prise en compte aujourd'hui. Je défends cet équilibre français. La France a besoin d'un secteur privé en bonne santé, à qui on donne de vraies possibilités de développement, et d'un secteur public dont les missions sont garanties. Les règles qui s'appliquent à l'un ne peuvent pas être celles qui s'appliquent à l'autre. Cette idéologie qui veut qu'on fasse de la concurrence le principal facteur de gestion des services publics me paraît dangereuse : un professeur n'est pas le concurrent d'un autre professeur, une infirmière n'est pas la concurrente d'une autre infirmière... Et cela est d'autant plus choquant que, dans le secteur privé, les règles qui devraient être celles d'un libéralisme sain sont constamment tournées. L'installation de réseaux avec des connivences entre de grandes puissances industrielles, financières, médiatiques, politiques est une atteinte aux principes y compris du meilleur libéralisme.
Si la crise s'aggrave, vous avez souhaité aussi que la zone euro prenne l'initiative d'un grand emprunt, équivalent à 3% de son PIB. Pourquoi faire ?
Avant de parler de l'utilisation de ces 300 milliards d'euros, j'insiste sur un point: le fait que la zone euro, à défaut de l'Union européenne, prenne l'initiative d'un emprunt solidaire, c'est un engagement fort pour le futur et un moyen de partager la charge d'une relance qui peut devenir tout à fait cruciale. Donc à quoi l'utiliser? Pour moitié à un grand plan d'équipements publics, pour l'autre moitié à un plan de soutien aux PME, notamment dans leurs efforts de modernisation, par exemple en faveur du développement durable. Elles paraissent aujourd'hui les grandes oubliées.
Dans son discours à Nîmes, Nicolas Sarkozy a revendiqué la priorité donnée à l'investissement. Les déficits vont se creuser, les critères de Maastricht sont mis de côté. Vous avez, vous, toujours défendu la réduction de la dette. Mais là , vous approuvez.
J'ai toujours expliqué que réduction de la dette et capacité d'intervention dans les moments de récession, ce sont les deux faces d'une même médaille. On ne fait pas de la maîtrise du déficit uniquement pour le plaisir de serrer la vis mais pour avoir des moyens au moment où il faut faire de l'intervention publique. Si vous reprenez mon programme, j'avais même proposé qu'on inscrive la maîtrise des déficits publics dans la Constitution, à condition qu'on précise: "Sauf en période de récession". L'histoire nous a appris que dans ce cas l'intervention publique permet d'éviter que la machine ne s'étouffe et que ne se reproduise ce que nous avons vécu après la crise de 1929. Cela ne m'empêche pas de dire que nous allons avoir à gérer demain des déficits, qui aujourd'hui, ont explosé. Il rentre dans les caisses de l'Etat moins de 280 milliards d'euros et nous allons en dépenser presque 400. Toutes les majorités et tous les responsables qui seront au pouvoir demain auront une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Cela me paraît justifier une stratégie européenne, en tous cas une réflexion et une stratégie commune des pays qui ont l'euro en partage.
Que proposez-vous pour éviter le retour d'une crise financière ?
Nous sommes pour le régulateur unique en matière européenne, sur l'ensemble de l'eurozone en tout cas. Nous avons défendu des régulations plus importantes sur les marchés des matières premières, sur les marchés à terme en général, ainsi qu'une sécurisation plus grande dans le système bancaire par une formulation plus rigoureuse des ratios. Mais pour moi la crise est liée au modèle inégalitaire sur lequel a reposé l'expansion de l'économie. Il y a d'abord eu un trop grand laxisme des autorités monétaires qui faisaient de la création de monnaies "larga manu". Et, pour calmer le sentiment d'injustice des catégories les plus démunies, l'octroi aisé de crédits. Trop de liquidités à placer donc d'un côté et de l'autre d'immenses attentes des populations les moins favorisées qui se trouvaient larguées dans la société de consommation. On a oublié que les sociétés où règne la justice sont plus sûres et plus stables que celles où domine l'injustice.
Cela signifie aussi faire taxer davantage les classes sociales les plus aisées ?
La fiscalité sert à financer l'action publique mais aussi à effacer les inégalités excessives. Voilà pourquoi le bouclier fiscal ne me paraît pas acceptable, en période de crise en particulier. La protection des plus favorisés est une faiblesse. Elle sera considérée dans le futur comme une grave erreur politique...
Votre discours est celui du parfait social-démocrate...
J'ai un discours de démocrate, de bon sens. Pendant la campagne présidentielle, je bataillais contre le modèle américain des deux dernières décennies, où l'argent était roi tandis que les salaires réels, pour les emplois non qualifiés, ne cessaient de baisser. Souvent, on me répondait: "Quand même, regardez la prospérité". Aujourd'hui on a assisté au plus grave effondrement du demi-siècle et c'est la conséquence directe des faiblesses de ce modèle inégalitaire.
Mais justement ce temps de crise ne peut-il pas favoriser les rapprochements entre sociaux-démocrates et démocrates sociaux ?
Je n'ai jamais cru que l'alternance, si elle vient, serait une alternance d'étiquettes classique, banale. Je pense que les remises en question seront si lourdes qu'il sera nécessaire de faire vivre et travailler ensemble des courants qui jusqu'à maintenant n'avaient pas les mêmes orientations. Cela ne me paraît pas être une conclusion excessive de dire que le Parti socialiste est en crise, pas uniquement à cause des rivalités de personne comme on le croit, mais parce qu'il est incertain de ses références idéologiques. Contrairement aux apparences, ce n'est pas le vent qui fait tomber les branches des arbres, c'est l'absence de sève. Donc le PS est en crise et j'observe en même temps une divergence profonde entre les différentes gauches du pays... Mais, aujourd'hui, le combat à mener n'est pas idéologique, il porte sur les valeurs. Des valeurs qui permettent à des gens différents de travailler ensemble simplement parce qu'ils sont d'accord sur l'essentiel : une République respectueuse de la démocratie, avec une bonne séparation des pouvoirs, un président qui ne fait pas le même boulot que le Premier ministre, un gouvernement qui ne fait pas le même boulot que le Parlement, un Parlement qui représente le peuple, avec des gens qui osent monter à la tribune pour dire qu'ils ne sont pas d'accord quand il ne faut pas être d'accord, une justice indépendante, des médias indépendants du pouvoir et garantis dans cette indépendance. Qu'on laisse aussi l'entreprise faire son travail d'entreprise sans trop la surcharger de bureaucratie, qu'on ait des règles qui empêchent les dérives du point de vue financier. Et puis qu'on laisse le pays vivre... Ses associations, ses entreprises, ses syndicats, ses familles, Ses collectivités locales. Laissez les vivre...
Les français sont hostiles à l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne. Vous aussi ?
La vraie question c'est plutôt: qu'est-ce qu'on veut faire de l'Europe? Si l'Europe n'est qu'un marché et un espace juridique, alors la Turquie comme l'Ukraine ou la Biélorussie, auront accès à cet espace. Mais pour moi, l'Europe devrait être une volonté. Je n'écarte pas non plus d'un revers de main la question de l'Islam. Pourrait-on montrer au monde qu'on a avec l'Islam d'autres relations que des relations de confrontation? Cela dit, j'ai toujours à l'esprit cette phrase de Kissinger à qui Jean-Claude Casanova avait demandé ce qu'il pensait de l'adhésion de la Turquie à l'Europe. Il a eu cette réponse magnifique: "Si j'étais Européen, je serais contre, mais je suis Américain, donc je suis pour". En créant un ensemble dont les intérêts, la vocation, la vision du monde est profondément hétérogène, vous rendez impossible toute construction de volonté politique européenne. On voit bien l'intérêt de ce modèle pour les Etats-Unis. C'est la même question que depuis le début de la construction européenne: Europe zone d'échanges, contre Europe-volonté.
Jean-François Kahn était l'invité lundi 17 mai de Jean-Michel Apathie sur RTL en tant qu'invité politique de la matinale. Il déclare notamment : "Il ne faut pas Barroso à la tête de la Commission européenne".
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-François Kahn.
Jean-François Kahn : Bonjour.
Qu’est-ce qui vous a poussé à changer de vie ? La volonté de faire de la politique ou celle de défendre l’Europe, Jean-François Kahn ?
Défendre un projet… Ca fait trente ans, je crois, à peu près, que j’essaie de porter l’idée qu’il faut absolument changer de discours, de logiciel, de démarche, qu’il faut imaginer quelque chose de complètement neuf, ne serait-ce que pour penser, pour construire un nouveau type de société qui remet l’Homme au centre de tout. C’est-à -dire non plus l’Etat, parce que ça a fait faillite, certains l’oublient, il y a vingt ans ; non plus l’argent, le profit - c’est en train de faire faillite -, mais qui remette l’Homme dans toute ses dimensions, c’est-à -dire individuelle, au fond ce que le libéralisme nous a apporté de mieux, et collective, que le socialisme démocratique nous a apporté de mieux, remettre ça au centre. Et là j’ai la possibilité de le porter auprès des électeurs et sur le socle européen, parce que c’est là où ça se passera.
En fait, ce n’est pas l’Europe qui vous intéresse… C’est le début d’une carrière, c’est ça Jean-François Kahn ?
Non, non, je viens de vous répondre, l’inverse. Non, non, c’est construire, essayer. Franchement, moi je le porte. Ca a l’air con, ce que je vais vous dire, mais je vous jure que l’idée que si on ne pense pas. Mais je vous jure, on ne pense pas un nouveau modèle de société, vraiment qui met l’Homme au centre, c’est ça ou la barbarie. C’est peut-être outrancier, je pense ça, mais le faire sur l’Europe, sur le socle européen. Attendez, c’est ça qui a vu surgir l’humaniste, la philosophie des lumières, la démocratie, c’est sur ce socle-là qu’on peut construire un contre-modèle. Personne propose ça. En effet, c’est pas un pour ou contre Sarkozy. C’est ça, c’est un projet de société.
Est-ce que, Jean-François Kahn, comme tous les candidats à ces élections européennes, vous déplorez qu’on ne parle pas assez de l’Europe ?
Je crois qu’on en parle plus qu’on ne croit, parce que, attention. Vous-même vous faites une erreur. Vous croyez que parler d’Europe…
Ah, ça m’arrive souvent…
Non, mais quand je dis “vous”, ce n’est pas vous personnellement, je parle des médias. Vous croyez faire parler d’Europe c’est parler du millimétrage des queues de cerises ou des institutions européennes. Ca emmerde tout le monde, et c’est normal que ça emmerde tout le monde. Mais l’Europe, c’est comment régler le conflit israélo-palestinien, c’est quel projet pour réformer le système financier ? C’est tout ça. Si on dit ça aux gens ; et le projet de société, quel modèle face à un modèle qui s’effondre ? Vous imaginez si on ne propose rien. Entre nous, entre un modèle qui s’est effondré hier, un modèle qui s’effondre aujourd’hui, eh bien à ce moment-là , il ne restera plus que les gens qui vont détruire ou qui vous diront. Je vais vous dire… qui diront on ne met plus l’Etat au centre. D’accord, on ne met plus l’argent au centre… Alors on met la race, on met l’ethnie, on met le sol, on met le Dieu des intégristes, comme en 1929, où ça a débouché sur le stalinisme et le fascisme. C’est çà le danger, si on n’est pas capable de proposer quelque chose de positif.
Alors beaucoup de candidats déplorent eux qu’on ne parle pas assez d’Europe en France, mais que l’on parle surtout du débat franco-français ; et ils pointent un responsable principalement : François Bayrou qui fait un tabac avec son livre “Abus de pouvoir”. Par exemple, Daniel Cohn-Bendit, hier dans le “Journal du Dimanche”, disait : “Celui qui nous désole le plus c’est Bayrou… On avait tous les deux un défi en 2005, c’était intéresser les gens à l’Europe. Eh bien c’est fini, il a déraillé, il ne parle plus que de Sarko…”
Je vais vous dire… Ce qui est formidable dans cette élection-là , c’est que c’est une élection à la proportionnelle. C’est-à -dire qu’on n’est pas obligé de détruire l’autre. On n’est pas obligé de tuer l’autre. Moi, je ne me serais jamais présenté à une législative à cause de ça…
Mais c’est ce que fait François Bayrou avec son livre…
Dans l’élection européenne, on n’a pas besoin de détruire l’autre. Moi je ne dis pas de mal des candidats, on n’est pas obligé de se haïr, on peut s’opposer sans se haïr. Donc, on peut vraiment proposer un vrai projet. J’attendais ça de Cohn-Bendit, il ne cesse de dégommer les autres. Je ne comprends pas que ce type-là dont on attendait vraiment faire de la politique autrement fait du classique, c’est-à -dire, il dégomme les autres. J’attends toujours, alors qu’il a des idées, je suis sûr.
Je vais poser ma question autrement. Sortir son livre maintenant, c’est un livre “Abus de pouvoir” qui dénonce Nicolas Sarkozy et sa pratique du pouvoir. Il le sort en pleine campagne européenne ; ça ne vous embête pas ça Jean-François Kahn ?
Moi ça ne m’embête pas. Franchement, c’est un peu absurde ce truc-là , parce François Bayrou, tout le monde le sait, d’abord, il est chef d’un parti. Il ne vous a pas échappé qu’il n’est pas candidat aux élections européennes. Ca ne vous a pas échappé du tout j’espère. Et d’autre part, il semblerait qu’il soit candidat aux élections présidentielles, j’ai cru comprendre. Donc, il fait son boulot de leader national. Je vous signale que Sarkozy fait une campagne, et que l’UMP dit : “Voter aux Européennes pour nous parce que c’est voter pour Sarkozy”. Reconnaissez qu’ils disent ça. Alors écoutez, ne soyons pas hypocrites. Mais moi je suis candidat aux Européennes et avec les autres, je me bats. Vous savez, je ne parle jamais de Sarkozy, contrairement à ce qui a été dit. Non…
J’ai une phrase…
Oui, il m’arrive d’en parler de temps en temps. Oui d’accord..
Vous avez dit au “Journal du Dimanche” du 19 avril : “Qu’on m’explique la différence entre Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy”, parce que vous ne la voyiez pas vous.
Non… Mais je l’ai dit sur votre radio. Vous ne l’avez pas entendu, je l’ai dit sur votre radio. J’ai dit en effet, et d’ailleurs c’est très intéressant que ça ait provoqué tant de réactions : “Si demain Nicolas Sarkozy contrôle toutes les télévisions en France, privées et publique, eh bien alors, dites-moi dans ce domaine-là , j’ai dit, il faut entendre ce que les gens disent, dans ce domaine-là , quelle différence entre Vladimir Poutine”. Et c’est absolument vrai. Et personne ne m’a démontré le contraire. Et le fait que ça ait provoqué des réactions aussi rageuses montre que j’ai peut-être touché du doigt un vrai problème là quand même.
D’accord…
Surtout pour des journalistes…
Donc, ce n’est pas encore… Si au cas où…
J’ai dit aussi que le livre noir du PS sur l’atteinte aux libertés est excessif. J’ai dit ça aussi…
Vous avez dit aussi, Jean-François Kahn, que vous souhaitiez que Jose Luis Barroso ne soit pas reconduit…
Mais, je veux bien vous parler de Sarkozy si vous voulez…
… A la présidence de la Commission européenne, vous l’avez dit…
Oui, ça c’est très important…
Et le 10 mai, François Bayrou, qui parle parfois d’Europe, a dit : “Il faudrait le remplacer par Mario Monti qui a été l’un des commissaires les plus libéraux de la Commission”. Vous êtes d’accord avec ça Jean-François Kahn ?
Moi, personnellement, je préférerait que ce soit Mary Robinson, qui était une ancienne présidente de la République irlandaise, donc elle était responsable des Droits de l’Homme à l’ONU. C’est une femme remarquable, je la verrais très bien à la tête de la Commission. Cela dit, le problème c’est qu’il ne faut pas Barroso. Si l’UMP propose Juppé, il faut prendre Juppé, c’est mieux. Si les socialistes proposent l’ancien Premier ministre socialiste espagnol Gonzales, il faut prendre c’est mieux. Le problème, c’est que vous ne pouvez pas accepter que la Commission européenne soit représentée par un homme qui est l’agent de Bush pour faire la guerre d’Irak et qui mené dans son pays une politique néo-libérale tellement effrénée qu’il a ruiné son pays. Il faut voir quand même.
Non Ă Barroso et Mario Monti, comme le dit Bayrou ?!
Moi, je suis moins chaud pour Mario Monty. C’est mieux que Barroso, tout est mieux que Barroso..
Il y a des débats quand même au MoDem…
Oui, il y a des trucs avec lesquels je suis en désaccord.
J’ai lu aussi, parce que je lis beaucoup de choses dans la presse Jean-François Kahn, vous dirigez la liste du grand Est, la deuxième candidate sur votre liste s’appelle Nathalie Giesbeck qui, elle, dirigeait la campagne du MoDem en 2004. Elle est donc député européenne depuis ce moment-là . Vous lui auriez promis que s’il n’y avait qu’un seul élu du MoDem le 7 juin, vous lui laisseriez la place !
Oui, parce que, si vous voulez, je fais là une petite autocritique, quand je me suis présenté, je ne savais pas qu’elle avait fait un boulot formidable au Parlement européen. Je me suis aperçu qu’elle a fait un boulot. Mais vraiment elle y est. Elle boulonne et tout. Donc, je lui ai dit si on a un seul élu. D’abord, si on a un seul élu, ce sera un échec, il faut dire la vérité. C’est normal que je sois puni si je n’ai pas un succès. Ça veut dire que j’ai été orgueilleux, et en même temps, elle le mérite. Donc, si, je pense qu’on aura deux-trois élus, mais si on a un seul élu, j’ai dit que ça serait elle.
Voilà , tout est dit…
C’est dommage… J’étais prêt à vous dire sur Sarkozy pour vous montrer…
Vous reviendrez Jean-François Kahn, mais après les élections européennes.Jean-François Kahn, pour qui Nicolas Sarkozy ne ressemble pas encore à Vladimir Poutine, était l’invité de RTL.